André Drolet
Président
Circuit régional des courses de chevaux

Réponse du Circuit régional à la proposition
d'arrangement d'Attractions Hippiques

Les membres du Conseil d’administration du Circuit régional des courses de chevaux du Québec ont participé à une conférence téléphonique tenue à 22h00, vendredi soir le 13 février 2009.

Tous les administrateurs étaient présents : M. Paul-André Lavigne, vice-président, MM. Harold Duguay, Alain Veilleux, Peter Mc Harg, Jacques Sirois, Pierre-Paul Naud, directeurs ainsi que le président, M. André Drolet.

Les administrateurs ont pris en considération les éléments suivants comme préambule à l’analyse et aux discussions de la proposition.

- A la suite d’un appel d’offres, le Gouvernement du Québec, par le truchement de la SONACC, a procédé à la privatisation des hippodromes par une vente des actifs à la compagnie Attractions Hippiques

- Cette vente d’actifs était assortie de conditions constituant des engagements par AHQ envers l’industrie des courses

- La privatisation devait assurer la pérennité de l’industrie et garantir son développement

- Deux ans plus tard, le constat est indiscutable : la privatisation a lamentablement échoué.

- Le Gouvernement accepte maintenant de modifier l’entente intervenue en 2006 de manière à remettre à flot la compagnie d’Attractions Hippiques

- L’offre du Gouvernement exige des concessions de la part des prêteurs, du promoteur mais aussi et surtout des gens de l’industrie des courses qui devaient être les bénéficiaires de l’intervention gouvernementale.

Les administrateurs constatent que le sauvetage d’AHQ, dans les circonstances actuelles, ne constitue en aucune manière une reprise de la relance annoncée en 2006 mais uniquement une survie minimaliste de l’industrie des courses avec, comme conséquence, une disparition prévisible dans quelques années au cours desquelles le niveau d’activité et de productivité sera tout simplement insuffisant pour assurer une simple survie.

En conséquence de tous ces constats, les administrateurs du Circuit régional concluent unanimement que cette proposition est totalement inacceptable dans son ensemble.

Plus précisément,

  • La fermeture de l’hippodrome de Montréal est inacceptable si cet hippodrome n’est pas remplacé par un autre hippodrome dans la région métropolitaine. Précisions que par « hippodrome » nous entendons un hippodrome avec tous les services de support et d’accueil adéquats pour les participants et la clientèle. Nous admettons que cet hippodrome pourrait tenir un seul meeting par année pour autant que ce meeting soit d’une durée permettant la tenue d’au moins 25 programmes de courses pendant la saison estivale.
  • La fermeture de l’hippodrome de Montréal, à l’endroit actuel, est dictée par des considérations financières compte tenu de la valeur des terrains. Cet immeuble est d’abord et avant tout un patrimoine de l’industrie. Le Gouvernement supporte une dette de quelque 40 millions$ sur cet immeuble. Il ne serait que normal, logique et équitable que le surplus de la vente puisse être consacré à l’édification du nouvel hippodrome de la région métropolitaine dont nous traitons ci-dessus
  • Sur le niveau des bourses, nous réitérons que nous exigeons le respect du contrat intervenu : pour le troisième année et les années subséquentes, le niveau des bourses doit être de 16,7millions$. De plus, peu importe quelle sera la provenance des bourses (AHQ ou Loto-Québec), ce montant doit être garanti dans son intégralité et non pas sujet aux fluctuations des résultats revenus/dépenses d’AHQ.

Nous pouvons accepter de ne pas recevoir la totalité des 13 000 000$ réclamés en contrepartie d’un paiement forfaitaire dont le montant serait établi en fonction de certaines pertes et pour couvrir certains frais dont les frais judiciaires et assimilés.

Nous considérons que la résolution de ces problèmes constituerait une solution partielle à la problématique du financement de du développement de l’industrie des courses.

Et nous en arrivons à la conclusion qu’il faudrait avoir une vision différente de la solution.

Pour la deuxième fois en trois ans, nous nous interrogeons sur la viabilité de notre industrie.

Nous considérons comme solution à notre problème d’obtenir du financement provenant de Loto-Québec à partir de l’opération des Ludoplex et des revenus des appareils de loterie vidéo.

Il faut se rendre à l’évidence : il n’est pas garanti que cette forme de financement traverse les années et que, dans 10 ou 15 ans, nous ne soyons encore face à une pénurie de fonds. D’autre pat, en retirant les fruits des ALV, nous sommes associés à des activités qui sont de plus en plus considérées comme socialement inacceptables.

C.est pourquoi nous estimons qu’il aurait lieu, en parallèle d’une solution minimaliste ou à la place d’une telle solution minimaliste, de considérer la situation actuelle comme la probable dernière occasion non seulement de sauver notre industrie mais de lui permettre une développement sinon du même ordre au moins du même genre que ce que l’on voit dans les autres juridictions qui nous entourent, particulièrement l’Ontario.

Sans élaborer sur la solution, nous croyons que nous devrions nous convaincre et convaincre le Gouvernement et Loto-Québec que la solution à long terme devrait beaucoup ressembler à ce qui se fait en Europe. La France a le PMU. Il y a quelques années, dans un plan de développement proposé par la SONACC, il y avait l’hypothèse du PMR, soit le pari-mutuel régional.

Sans trop élaborer sur cette solution, constatons :

  • Que la mise en place d’une loterie (PMR) assimilable à la Loterie Loto-Perfecta ne demande pas d’investissement en infrastructures comme la construction d’un méga salon de pari avec 300 ALV
  • Que Loto-Québec pourrait également retirer quelques centaines d’ALV, ce qui fait partir des objectifs à moyen terme selon les dires mêmes de cette Société.
  • Que, selon le modèle déjà utilisé dans les années ‘70, la présentation d’une course servant à déterminer les gagnants assurerait une visibilité au monde des courses

ET POUR TERMINER, nous considérons essentiel d’attirer l’attention sur deux conditions de réussite

Les associations représentatives de l’industrie doivent être directement associées à toutes les négociations et discussions portant sur son financement, son avenir et son devenir

En contrepartie, les associations doivent prendre l’engagement de revoir de fond en comble les comportements et les modes de fonctionnement des associations comme telles et l’implication de leurs membres pour que ceux-ci se comportent comme des citoyens et des entreprises responsables en matière économique et fiscale notamment.

Ce document a été produit pour servir d’échanges entre les associations et ne constitue pas, dans la deuxième partie (vision) une proposition mais uniquement une hypothèse de discussion.

Pour le Conseil d’administration,

ANDRÉ DROLET, PRÉSIDENT