Communiqué de presse

Émis le 27 mars 2008

L'industrie des courses de chevaux et de l'élevage sollicite une rencontre avec le premier ministre

Il n'est pas question de demander une aide supplémentaire de l'état ni d'ouvrir l'entente de privatisation des hippodromes, il est question, simplement, de nous assurer du respect de l'entente de privatisation et de son échéancier de réalisation.

Les présidents des associations représentant l'industrie des courses de chevaux et de l'élevage rendent publique la demande de rencontre qu'ils ont adressée au premier ministre du Québec, monsieur Jean Charest.

Ils sollicitent cette rencontre dans le but de trouver une solution aux problèmes liés à la réalisation de l'entente de privatisation de l'industrie des courses de chevaux décidée par le gouvernement du Québec, le 3 novembre 2006.

Un plan de relance qui s'annonçait ambitieux

Par cette décision, le gouvernement confiait à un promoteur privé, la gestion et le développement de l'industrie des courses de chevaux et de ses hippodromes. Cette privatisation impliquait, également, une importante relance des courses, appuyée par un plan précis de modernisation des infrastructures et des équipements.

Ce plan, selon le ministre des finances, annonçait des investissements de 500 millions$ de la part de Loto-Québec et du mandataire, afin de moderniser les installations, relancer le produit et le repositionner dans l'industrie du divertissement en Amérique du Nord.

Aujourd'hui, la réalité est tout autre

En lieu et place de la réalisation de cette ambitieuse relance de l'industrie, le mandataire, Attractions Hippiques, décide unilatéralement de réduire les programmes de courses de 40% et le niveau des bourses de 15% pour la saison de courses 2008.

Après une année 2007 de vache maigre qui a vu la suspension en tout ou en partie de la saison de courses pour moderniser les hippodromes de Trois-Rivières et de Québec, cela est inacceptable.

Qui plus est, le principal élément du plan de relance n'est pas réalisé et n'est pas sur le point de l'être. La modernisation et la relocalisation de l'hippodrome de Montréal, assise de l'industrie au Québec, est retardée indéfiniment.

Le plan de relance de l'industrie des courses est essentiel et incontournable pour assurer la vitalité de l'industrie au Québec et lui redonner son propre dynamisme, sa vitalité et sa capacité concurrentielle.

L'achalandage des pistes de courses ne reviendra pas par magie. Il reviendra si, et seulement si, nous sommes en mesure de réaliser la modernisation des installations de Montréal et de positionner le produit pour une clientèle d'affaire d'ici et d'ailleurs.

L'industrie des courses de chevaux ne demande pas de traitement de faveur.

Les courses de chevaux sont, en fait, un produit de divertissement qui fonctionne bien partout en Amérique du Nord et en Europe. Il n'y a pas de raison que le Québec soit différent de ce qui se passe à Toronto, par exemple.

D'ailleurs, le modèle qui a inspiré le gouvernement du Québec dans sa décision de privatiser la gestion des hippodromes et de doter l'industrie d'un ambitieux plan de relance est largement tiré de ce que se passe en Ontario. Dans cette province canadienne limitrophe, la société d'état des loteries participe activement au financement des courses de chevaux en installant des casinos dans les hippodromes.

Le loyer que paie la société d'état ontarienne aux hippodromes est un revenu d'exploitant de salles et de machines et n'est pas assimilé, en Ontario, à des subventions.

Ainsi, les revenus de 22% tirés par les hippodromes pour l'exploitation des machines ALV (appareils de loterie-vidéo) est un revenu d'exploitation au même titre que les commissions payées par Loto-Québec aux exploitants de bars et de salons de pari.

Il ne s'agit pas de subventions.

L'industrie des courses de chevaux et de l'élevage souhaite que le débat, dans les médias et ailleurs, aille au delà des clichés éculés et fasse une analyse plus sérieuse de la problématique de l'industrie et de sa valeur économique et sociale.

L'industrie des courses de chevaux et de l'élevage constitue un emploi pour 3 000 personnes à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Gatineau et dans toutes les régions.

Les sommes substantielles que le gouvernement du Québec a consenti, au fil des ans, à l'industrie des courses de chevaux doivent être analysées avec plus de nuance que ne le font, généralement, les médias. Au-delà des revenus d'exploitations des ALV, une garantie de prêt a été consentie par le gouvernement du Québec à l'industrie pour que la SONACC ( la Société Nationale du Cheval de Courses) puisse se porter acquéreur du terrain de l'Hippodrome de Montréal auprès de la Ville de Montréal. Cette transaction visait à empêcher la Ville de Montréal de disposer du terrain, de le vendre à un tiers pour des projets immobiliers et ainsi, menacer l'existence de l'hippodrome de Montréal.

Il s'agit là d'une immobilisation qui a encore, et pour longtemps, toute sa valeur immobilière.

Le temps d'agir, sans délais.

Les représentants de l'industrie des courses de chevaux et de l'élevage souhaitent que le premier ministre prenne le temps de s'assurer, auprès du mandataire et de Loto-Québec, que le plan de relance soit exécuté avec diligence.

Les principaux éléments à revoir dans la détermination d'un échéancier précis de réalisation sont :

1. Le redéploiement, ou la modernisation sur le site actuel, de l'hippodrome de Montréal.
2. La mise en place du fonds de compensation des revenus des 1900 ALV.
3. La mise en place du Conseil de l'industrie.
4. Le programme d'aide financière à l'élevage.


Source :
André Drolet
Président du Circuit régional des courses de chevaux du Québec
Porte-parole officiel de l'industrie

Pour et au nom également de :

M. Michel St-Louis, président, Association Trot et Amble du Québec
M. Pierre Guillemettre, président sortant, Stantardbred Canada
M. Alain Vallières, président, Société des propriétaires et éleveurs de chevaux standardbred du Québec